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Message
Envoy par: Quadriconteur (---.proxy.aol.com)
Date: ven. 29 octobre 2010 18:52:11

Bonjour

Ce n'est peut-tre pas la coutume sur ce forum.
Paul, le mari de Michelle qui est l'une des modratrices, vient de dcder. Michelle en prouve, on s'en doute, un grand vide.
Le monde des Contes et des Conteurs est pour elle trs important. Si quelques unes et quelques uns d'entre nous pouvaient lui adresser un petit mot... bien sr cela ne comblera pas le vide...


Re: Message
Envoy par: rogerdemoerloose (---.dyn.as47377.net)
Date: sam. 30 octobre 2010 01:43:10

Bonsoir Michelle,

Ce court message de "Quadriconteur" apporte une pnible nouvelle qui vous accable.
Je vous souhaite beaucoup de courage et vous convie mener vos activits artistiques qui vous aideront surmonter l'preuve qui vous mine...
Codialement vtre.



Babyk,conteur.

Re: Message
Envoy par: annie Brault-Thry (---.d4.club-internet.fr)
Date: dim. 31 octobre 2010 20:40:57

Michelle
Je ne vous connais pas mais je compatis de tout coeur. Je comprends d'autant mieux que mon mari est trs gravement malade et que je peux ressentir ce que vous prouvez .
C'est la toute premire fois que j'cris sur ce forum , il faut dire qu'il n'y a que 8 jours que je l'ai dcouvert et je suis enthousiasme de l'ambiance qui y rgne . C'est tellement rare de voir des conteurs changer ainsi !
Je suis conteuse depuis 10 ans , et j'y suis arrive par un miracle , il n'y a pas d'autres mots .
Et quelle belle thrapie que le conte !
Courage Michelle , la grande famille des conteurs vous soutient .

Annie

ANNIE BRAULT-THERY
Conteuse - Lectrice-Publique
[musicoconte.blogspot.fr] - presse
[musicoconte.blogspot.fr] - contes
[musicoconte.blogspot.fr] - lectures
[musicoconte.blogspot.fr] - dates

Re: Message
Envoy par: lisa de la salamandragore (---.145.23-93.rev.gaoland.net)
Date: mar. 2 novembre 2010 12:02:08

michelle,
il se peut qu'un jour,et ce jour je le redoute... j'ai passer par cette preuve.
je crois que ce jour l je serai rconforte de savoir que j'ai aussi une autre famille, avec des tas de gens que je n'ai jamais rencontrs, qui partage ma peine.
alors aujourd'hui, sache que partage la tienne.
la vie va, restent les contes, qui nous accompagnent comme des amis.
lisa

lisa
[lisa.baissade.free.fr]

Re: Message
Envoy par: Suzy Ronel (---.w81-48.abo.wanadoo.f)
Date: mar. 2 novembre 2010 12:28:16

Juste tre l avec toi Michelle, par la pense. Et, comme, on dit chez nous : "Kimb Fos!"
Suzy

Petit prsent propos du vide ...
Envoy par: jacques (Modrateur)
Date: sam. 6 novembre 2010 02:47:32

Lhomme au manteau vide

Il tait une fois un pauvre vieux village. Au bas de ses maisons tait un champ de thym, dans ce champ quelques oliviers, puis des rochers, un torrent maigre. L vivait (vivait-il vraiment ?) un homme sans corps, sans visage. Tout ce que lon voyait, assis dans lherbe rare, tait son manteau, sa capuche, et ses paules un peu votes. Qui tait sous ce vtement ? Peut-tre quelquun, ou personne. Les gens lavaient toujours vu l, les vents et les soleils aussi. Il tait lhomme au manteau vide. On ne parlait gure de lui. On nosait pas. On le craignait. On lui portait de temps en temps de quoi manger, du pain, des fruits quon dposait quelques pas. Lhomme ne se retournait pas, mais une voix disait merci . Alors on rpondait dun hochement de tte et lon sen retournait au champ, la maison, au soin des btes. Il en fut ainsi jusqu lan o vint un hiver de misre.
Moutons crevs, chevaux enfuis et sacs efflanqus dans la grange, on ne parlait que de cela, la nuit venue, devant le feu. Ce soir-l Jeanne tait assise sur le plancher, prs de son chien. Le menton sur ses genoux hauts elle nivrait ses yeux de flammes. Elle dit soudain :
- Demain matin, jirai voir lhomme au manteau vide.
- Tu es folle, gronda sa mre. Imagine quil te regarde. Jen ai froid rien que dy penser.
- Il na jamais mang personne. Pourquoi me ferait-il du mal ? Je veux simplement lui parler.
- Tais-toi donc, bougonna son pre, le manteau est creux, il ny a rien, il ny a personne, que du vent.
- Eh bien, rpondit la petite, quest-ce que je risque, sil ny a rien ? Je lui porterai nos poussins. La poule est morte. Ils vont mourir. Peut-tre les sauvera-t-il.
Son pre la poussa du pied.
- Va te coucher, tu me fatigues.
Elle sallongea contre le chien.
Le lendemain, dans son panier, elle mit ses dix poussins malingres et dvala la pente raide jusquaux rochers du bord de leau. Ds quelle vit lhomme au manteau vide elle reprit souffle et savana, en serrant son charpe au col. Elle dposa les dix bestioles tout alentour du vtement qui bougeait un peu sous le vent. Elle sassit ct de lui. Elle lui arrivait lpaule. Le capuchon resta pench. Elle lui jeta un bref coup dil, puis couta le bruit de leau. Aprs longtemps, une voix dit :
- Que me veux-tu ?
- Je ne sais pas. Peut-tre peux-tu nous aider.
Le silence encore, longtemps. Jeanne entendit sonner des heures au loin, si loin que la prsence de ce manteau sans rien dedans ct delle lui parut prodigieusement rassurante. Elle en sourit, soupira daise. Alors la voix lui murmura :
- Mets tes poussins sous mon habit et reviens dans une semaine. Jai aim tre auprs de toi.
- Oh, moi aussi, rpondit-elle.
Elle remonta vers le village. Elle sattarda jusqu la nuit errer sous les oliviers. Sa mre voulut tout savoir de ce quelle avait fait et dit, mais elle ne sut que lui rpondre. Elle avait laiss les poussins l-bas, auprs du manteau vide. Et quoi dautre, ma fille ? Rien.

Six jours, six nuits dormir peu. Au septime matin Jeanne courut si vite quelle ne sut sil ventait, sil faisait gris ou bleu. Elle vit de loin lhomme sans corps, et les poussins autour de lui. Quelle vigueur ils avaient pris ! Elle sassit parmi eux, au plus prs de lhabit. Elle dit :
- Que leur avez-vous fait ?
La voix lui rpondit :
- Je les ai rchauffs. Je les ai laisss vivre.
- Leur permettre daller ainsi, sans que personne les surveille, cest dangereux, lui dit lenfant. Si un renard tait venu ?
- Ecoute, Jeanne.
Elle couta. Le silence du manteau vide la tint au chaud jusqu la nuit. Le soir venu, elle soupira :
- Je ne saurai comment leur dire.
- Va, vis, reviens. Je serai l.
Elle prit ses poussins et sen fut.

Sa mre lattendait sur le pas de la porte. Elle sinquitait. Elle lui cria :
- Tu me feras mourir, ma fille !
Et dcouvrant, dans le panier, la couve quelle nesprait plus :
- Do sortent-ils, ces beaux chris ? Qui les a nourris ? Le manteau ?
- Il est vide, gronda le pre. Il ny a rien sous le capuchon. Un rien ne peut nourrir personne !
Jeanne ne lui rpondit pas. Elle pensa, et ses yeux brillrent : Oh, le silence de ce rien ! Puis elle entra dans la maison. Le feu flambait. Il faisait bon.

(Henri Gougaud, Le livre des chemins contes de bon conseil pour questions inquites)

Re: Message
Envoy par: fanette (---.fbx.proxad.net)
Date: sam. 6 novembre 2010 18:04:52


Michle, toutes mes penses vont vers vers ! Je vous souhaite de trouver paix et srnit. Je vous embrasse !

Jacques, j'aime beaucoup ce conte !

Fanny

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Il n'y a rien de plus s

Re: Message
Envoy par: Michelle (Modrateur)
Date: lun. 8 novembre 2010 18:30:03

Je suis toute bouleverse des messages qui m'ont t adresss, soit directement, soit sur le forum.
Sensibles et chaleureux, ils me sont d'un grand rconfort.
Un grand MERCI tous.

Michelle
[monsite.orange.fr]

Re: Message
Envoy par: fanette (---.fbx.proxad.net)
Date: lun. 8 novembre 2010 21:40:40


Merci vous, Michle, pour votre si grande gentillesse ! J'espre avoir le plaisir de vous rencontrer un jour !

Fanny

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Il n'y a rien de plus s



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