Re: fable de Lafontaine en argot...
Envoyé par:
julien (---.net81-65-166.noos.fr)
Date: ven 10 mars 2006 21:11:49
Voici 3 fables en argot racontées par mon grand père, un vrai titi.
La cigale et la fourmi
La cigale qu’avait chanté tout l’été
Se trouva raide comme un piquet
Quand revint le temps friskey.
Vu qu’elle flambait aux courtines, ça s’devine.
Elle cavale trouvez sa pote la fourmi et lui dit :
Faudrait que tu me prêtes 25 louis,
Que j’te rendrai, ça j’te le jure,
Vu que j’ai une afflure à Longchamp.
C’est du gâteau cent pour cent.
Ca fait du 60 contre 1,
J’ai un tuyau cousu main.
La fourmi chanstique du coup
Vu qu’elle est archingue comme tout.
Elle lui bonni :
Qu’es-ce que tu faisais tout l’été.
Et ben j’gouaillais la chansonnette.
Ah tu gouaillais et ben ptite tête
Va gouailler tous les soirs à l’armée du salut
A la revoillure et l’ocqueduc.
Le loup et l’agneau
C’est cui qu’a des gros bras qui fera toujours la loi.
Esgourder un ptit peu, j’vais vous bonnir pourquoi.
Un agneau tout mignard
S’tapais un gorgeons dans la flotte.
Quand v’in à passer un vache de loup.
Qu’était un malabar vint lui tenir la parlotte.
Dis donc duchnoc, qu’est-ce qui t’prend de glaviotter dans ma lance.
C’est pas moi Msieur puisque je bois en dessous de vous,
Mes glaviots ne vous rincent pas l’museau.
Tu glaviottes que j’te dis et d’une,
Et de plus y’a une marquée tu m’a dénoncé aux poulets.
C’est pas moi répond l’agneau,
J’étais encore sous presse.
Alors c’est ton frangin.
J’en ai point.
Alors c’est ta ménesse.
J’ai pas de pot Msieur,
Je suis trop minable, comment voulez-vous que j’sabre ?
Sur ce, le loup lui saute sur le poil le passe à la casserole et s’lavale.
Moralité : C’est cui qu’a des gros bras qui fera toujours la loi.
Le Renard et la Cigogne
V’la que Renard le chicandier
Rencontre un jour sa pote la mome cigogne.
Il s’dit j’vais drôlement me marrer,
J’vais l’inviter à tortorer.
Il lui bonni :
alors mignonne c’est ti qu’tu m’reconnais plus,
Ca fait un bail qu’on c’est pas vu.
Vient casser la graine à la tôle,
Y’a le bourbon seulabre à la piole.
Ok qu’elle lui fait l’autre tordue,
Croyant s’en filer plein les chocottes,
Un ptit geulton c’est toujours chouette,
Et aussi sec elle lui file le train.
Mais le Renard biglait en coin
Son pif à piquer les pâquerettes,
Et aussi sec il lui sert une assiette
Ou qu’sait qu’y avait d’la flotte dedans.
Lui s’la poire en trois coups de menteuse
Se fourre le tout dans la dent creuse.
Mais la Cigogne s’te pauvre souris,
Elle allongeait son quart de brie
Pour piquer la sauce qu’y avait dans l’assiette.
Total, elle a rien pu briffer.
Mais dans le fond de son ptit sinoquet,
Elle gambergeait un truc vachar.
Et d’autor quelques journailles après,
Elle va chercher sesigue Renard.
Dit donc duchnoc,
Amène toi pour le frivoloc,
J’ai du Saint- Honoré au lard.
Ca sentait bat dans la cuistance.
Le gnière s’amène pour s’les calées.
Mais alors comment qu’il était possédé,
Vu qu’elle lui serva la bidoche,
Dans une carafe à grand colbaque.
La cigogne, elle s’a la gênait pas,
Avec son tarin grand format.
Mais sésigue pour s’taper le tronc,
Rien à faire, il était marron.
Moralité :
Quand on est marlou,
Doubler les copains y’a pas bon.
Car y’a toujours un frère mironton
Qu’est un peu plus mariole que vous.