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Les uvres en langues natives sont-elles censures?
Envoy par: mahi (Adresse IP journalise)
Date: jeu. 9 novembre 2006 14:46:30

Alger, capitale de la culture arabe

Les uvres en langues natives sont-elles censures?
Quelle place sera rserve aux langues natives et au patrimoine oral dune manire gnrale dans le programme officiel des manifestations prvues loccasion du grand rendez-vous culturel de lanne 2007, Alger: capitale de la culture arabe?
Cest la question que lon est en droit de se poser aprs le rejet signifi, il y a quelques jours seulement, un jeune artiste de la ville de Sidi Bel-Abbs qui se proposait de monter spcialement pour ledit vnement un plateau de contes pour enfants dans la pure tradition de la halqa.
Prsident fondateur de la cooprative thtrale Machaho, assistant- ralisateur de plusieurs films et tlfilms dont Femme Taxi de Belkacem Hadjadj, auteur et traducteur de pices de thtre et de contes pour enfants, Mahi Seddik Meslem ne sattendait nullement une telle fin de non-recevoir au seul motif que la langue utilise dans son projet, savoir larabe dialectal ou ed darija, ne correspondait pas aux canons acadmiques imposs par les organisateurs. Ne savouant pas pour autant vaincu et voulant certainement avoir beaucoup plus de dtails sur les critres de slection retenus, il nhsitera pas tlphoner diffrents services et organismes concerns de prs ou de loin par la prparation de lvnement. Peine perdue: un membre du comit dorganisation lui expliquera, de manire abrupte, que le choix se portera exclusivement sur les uvres crites et/ou reprsentes en langue arabe classique. Exit donc tous les travaux qui nentrent pas dans cette fameuse grille danalyse et de slection qui rappelle une poque que lon croyait rvolue jamais Largumentaire dvelopp par les censeurs est dautant plus rvoltant que parmi les uvres proposes, certaines crites lorigine par des auteurs franais (Daniel Leduc) ont t traduites en arabe dialectal par le jeune Mahi Seddik Meslem et publies en France aux ditions lHarmattan. Il sagit entre autres, de Pierre de la lune, Le miroir de leau (Collection "Contes des quatre vents") et La clef du bonheur et autres contes (Collection La lgende des mondes).


Le pire dans lhistoire est que le jeune Mahi nest pas sa premire malheureuse exprience dans son rapport avec certaines institutions officielles de la culture. Dans le cadre de lAnne de lAlgrie en France, il a essuy en effet un chec semblable en proposant, en arabe dialectal, une lecture mise en espace des Nuits de septembre de Bachir Hadj Ali, le pote des mmoires clairires, pour retracer le rcit dun homme en face de lhorreur et de la btise humaine. Le mot est lch. Pour faire face cette autre grande btise de linculture, il ne reste plus ds lors qu renvoyer ces incorrigibles censeurs de nos langues natives aux travaux de certains de nos minents sociolinguistes, lexemple de Abdou Elimam auteur de Le maghribi, alias ed-darija, une tude sur le maghribi, langue vernaculaire la fois majoritaire dans le corps social et minore par linstitution tatique qui, ds le IXe sicle, tait dj dote dun systme graphique singulier (al-Xatt al-maghribi), () et qui a fait la gloire de Carthage et que le prince numide, Massinissa, pratiquait en toutes circonstances, langue qui a t bien vivace avant larrive de lIslam en terre du Maghreb
Auteur: A. Abbad
[www.voix-oranie.com]



Les uvres en langues natives sont-elles censures?
Envoy par: jacques (Adresse IP journalise)
Date: sam. 11 novembre 2006 00:46:23

Je suis sans voix ...
Que pouvons-nous faire ? Qu'est-ce que je peux faire ?
La moutarde me monte au nez, je vais hurler.
Merci de nous dire.
Solidairement,
Jacques

continuer a raconter
Envoy par: mahi (Adresse IP journalise)
Date: dim. 12 novembre 2006 20:49:39

a Jacques que faire

pour que les contes demeurent.

que faire l'orseque que (faire)et brule (bachir hadj ali) que farire quand dix tomes des contes de milles et une nuit sont declarees immorales!? une creation litteraire de dimension universelle qui a fait la joie et le bonheur des grands et des petits dans le monde et qui demeure une source intarissable pour les artistes et les createurs toutes les disciplines confondues .que s'est-il passer? ecouterz l'histoire.... il etait une foi dans une ville comme tant d'autre ville notre histoire commence a sidi l'ahcene non loin de sidi bel abbes ville qui vu naitre mustapha ben brahim adopter paul bellat heberger kateb yacine et enfin admirablement chanter par cheichk el madani .en l'an 2003,le respensable de l'education qui un jour du mois de janvier a ete saisi par une plainte qui stipule que schaherazade a commis un acte immoral !? et la consigne a ete doonnes ( ne pas laisser cette ouvre a la porte des enfants comme si cetait des allumettes ou des produits toxiques et les dix tomes fus saisi ,retires et emballes dans des caisses et des armoires obscures avec la mention ( ne pas laisser a la porter des enfants) et nos enfants auront tous leurs vieillisses pour lire et raconter a leur enfants et petits enfants les merveilles des milles et une nuit . alors que faire dans l'immediat ? ne pas se taire ,refuer ,protester mais surtout continuer a raconter ces belles histoires de schahrazede de alaa eddine et d'ali baba et les quarante voleurs......pour que les contes demeurent. il faut crier hurler plus fort que les loups (kateb yacine) ......
sidi bel abbes le 20/01/2003 meslem seddik artiste conteur

[www.webzinemaker.com]

Re: Les uvres en langues natives sont-elles censures?
Envoy par: Jean-Marc (Adresse IP journalise)
Date: jeu. 16 novembre 2006 19:21:40

Et comment dit-on " underground" en arabe dialectal ?


Re: Les uvres en langues natives sont-elles censures?
Envoy par: Christine D'Orsi-Cuegnet (Adresse IP journalise)
Date: jeu. 16 novembre 2006 21:04:40

En arabe dialectal gyptien, ce serait "taht el ard", littralement "sous la terre" ; en algrien peut-tre la mme chose, encore que le mot anglais se soit faufil partout.

Amitis conteuses

Christine

Re: Les uvres en langues natives sont-elles censures?
Envoy par: Jean-Marc (Adresse IP journalise)
Date: ven. 17 novembre 2006 18:54:37

Ah merci, et pour la phontique si ce n est pas trop demander ?

En francais l expression est belle aussi, elle evoque une histoire de germination

Si la tradition est un arbre, la tradition fait aussi ses graines, elles retombent en terre, et quand, en surface, l arbre semble mourir, sous terre il vit encore, et renatra toujours.

Alors que faire dans l immediat Mahi ? Vivre la vie de la graine si c est la saison de la graine, sans pleurer la saison perdue du feuillage qui se deployait haut dans le ciel...

Continuer a raconter, comme tu dis, d accord, mais hurler plus fort que les loups, hummm... Tu es sr ? Si tu prfere hurler que chuchoter, es tu prt a faire face lorsqu ils viendront te visiter ?


Re: Les uvres en langues natives sont-elles censures?
Envoy par: Christine D'Orsi-Cuegnet (Adresse IP journalise)
Date: ven. 17 novembre 2006 19:34:56

Difficile par mail ; je ne connais pas les conventions. Dsole ...

Amitis conteuses

Christine

Re: continuer a raconter
Envoy par: mahi (Adresse IP journalise)
Date: mar. 16 janvier 2007 21:16:41

Universit Djillali Liabs

La Scne dor inaugure Le coin de lartiste
Pour une premire, on aura dcouvert un espace doxygnation intellectuel de premier plan, en loccurrence Le coin de lartiste, avec latelier culturel La Scne dor. Par lequel sexpriment autant lart que la communication des sentiments. La crmonie a eu lieu en prsence de quelques personnalits artistiques, mercredi dernier. Ainsi autour du thme du conte, linvit Meslem Seddik nous a tout simplement fait rver, veills une dimension mtaphorique des choses de la vie. Devant une assistance assise mme le sol, sur un ton de bonhomie, dans une scnographie style halqua, le halqaouati Seddik entamera son voyage dpope par le fameux conte dAlexandre Pouchkine, Poisson dOr, rcit dun pcheur qui croise un poisson qui parle et exauce les vux. La femme du pcheur avide et cupide finit par perdre la Hikma, et sera punie pour sa mauvaise foi.
Cette introduction dune thtralit, chre Augusto Boal, ouvre lapptit limagination collective de la salle quand, tour tour, la scne voit dfiler la chanteuse Djioui Sara, dont la voix envotera les spectateurs au point o les ovations fuseront de partout donnant lieu une ambiance festive. Ensuite cest le jeune pote Mestari qui passe avec des vers beaux et bourrs dimages. Le coin de lartiste, pour un aprs-midi, a chant et ri, notamment avec lultime conte adapt de Taous Amrouche, Le Chat plerin.
Auteur: Messaoud Ahmed



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