Oui, Jean de l'Ours est unaniment connu dans les Pyrénées. Mais on en trouve les éléments dans un article pas mal fait dans Wikipedia. Ils se sont beaucoup inspiré de l'article sur ce conte (en fait le conte type 301

qui se trouve dans le tome 1 du "Conte populaire français" de Paul Delarue chez G.P. Maisonneuve et Larose. J'ai plusieurs versions du conte.
Dans celle que j'ai reçue enfant, Cela commence avec une jeune femme nommée Rosette. Elle n'aurait pas dû aller dans la forêt, ce jour-là (son nom indique la cause : elle avait ses règles, ce qui se disait à Toulouse et dans toute la région lorsque j'étais jeune, "avoir la visite de Tante Rose" ; cela faisait partie des choses dont on ne devait pas parler, mais dont on parlait à mots couverts). L'odeur du sang (deuxième façon de dire que la femme avait ses règles) a attiré l'ours qui l'a enlevée et emmenée dans sa grotte où il l'a retenu prisonnière. Il la traitait bien (sic !). Au bout de quelques temps, elle met au monde un fils couvert de poil qu'elle appelle Jean de l'Ours...
Le fait qu'elle ait eu ses règles indique bien que l'enfant est celui de l'ours ravisseur. D'ailleurs l'ours se comporte en père nourricier, et il est nommé "père" par Jean de l'Ours.
Par la suite, il y a eu des versions où l'enfant est celui du mari, et le fait qu'il soit poilu et fort comme un ours s'explique par la présence de l'ours, parfois c'est quand il le voit.
On retrouve quelques éléments de la jeunesse d'Héraclès (Hercule) dont les enfants qui le harclent, le maître blessé (ou tué), le fait de faire mal sans le vouloir et, bien entendu, la force et la conception par un personnage qui s'apparente aux esprits de la forêt, un personnage qui, comme Zeus-Jupiter, était symbole de fécondité il y a très très longtemps. Et la visite de mondes étranges dont les mondes souterrains, ainsi que la destruction de monstres.
Le rapport avec le carnaval, c'est que l'on rejoue sur tout le village le fait de faire sortir l'ours (un faux évidemment) de sa grotte le 2 février (je crois, à vérifier) et l'empêcher d'y retourner (on croyait que ce jour-là l'ours sortait, regardait le ciel puis soit rentrait dans sa grotte et l'hiver durait encore 40 jours, soit restait dehors, et l'hiver se finissait) l'enlèvement par l'ours de Rosette qui ressort de la maison de l'ours (maison de noces) sans son tablier (pas besoin d'expliquer le symbole). Quant à l'ours, on le rase et on le castre symboliquement. Pour Rosette, affublée d'une énorme tête, on lui fracasse cette fausse tête et on sème ainsi sciure et autre qui y sont, symboles de graines. Le ou les faux ours essaie de marquer les filles de cendres, pour les rendre fertiles. On va de fermes en villages, et on boit à chaque arrêt.
Hélène Loup