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Re: La Parole
Envoyé par: annie Brault-Théry (Adresse IP journalisée)
Date: sam. 12 janvier 2013 22:34:38

Super Contadiralire ; Tout à fait dans l'esprit de ce que je désire faire passer pour ce spectacle spectacle . Merci

Re: La Parole
Envoyé par: annie Brault-Théry (Adresse IP journalisée)
Date: jeu. 17 janvier 2013 02:52:24

La Bible dit :" Mort et Vie sont dans le Pouvoir de la Parole" Alors parlons ! disons des contes , nous sommes dans le Vrai.

Re: La Parole
Envoyé par: fanette (Adresse IP journalisée)
Date: jeu. 17 janvier 2013 13:11:34


J'ai trouvé ce conte dans mon répertoire mais à ma grande honte, j'ai oublié de noter le nom de l'auteur et même le livre d'où je l'ai copié :


Abbesse (la langue)

Il y a au bord du lac un vieux château. Il y a bien longtemps, ce château était un couvent. Et ce couvent a une histoire. Il y avait une abbesse qui vivait là et qui avait très mauvaise langue. C’est à peu près tout ce que nous savons d’elle. Elle était encline à médire et d’une curiosité insatiable. Quoique séparée du monde, elle savait tout ce qui s’y passait. Elle se renseignait auprès du portier. Elle regardait de sa fenêtre, les gens passer sur la route. Et quand par hasard, sa curiosité n’était pas satisfaite, elle inventait. Elle inventait de manière à faire sourire ou à scandaliser.
Elle était vieille, vive et alerte avec un nez pointu. Sitôt ses prières faites, car elle était pieuse, elle retournait à sa marotte. Dans le couvent, les nonnes l’aimaient bien pour son bon cœur mais elles la craignaient aussi. Les gens du village disaient qu’elle était un peu sorcière, mais ils acceptaient ses aumônes. L’après-midi, quand les nonnes allaient se promener dans la forêt, elles allaient par groupe ou isolément, selon leur humeur. L’abbesse aimait plus que tout, ces promenades. Elle courait de groupe en groupe et s’épanchait, racontait en posant la main sur l’épaule de l’une ou de l’autre et les nonnes se récriaient, levaient les bras au ciel. Puis quand la cloche sonnait, le silence retombait. C’est ainsi que l’abbesse passait sa vie. Elle était heureuse.

Un jour, l’abbesse est tombée malade. C’était une maladie étrange. Il n’y avait nulle trace sur son corps ! Ni boutons, ni rougeurs, ni fièvre, rien ! Le couvent était dans la consternation. On a appelé le médecin. C’était un vieux médecin sale, édenté qui parlait encore latin. Il a fait des signes avec ses doigts, il a pris le pouls, a regardé les urines, puis il a fini par déclarer que l’abbesse souffrait de la fièvre et qu’il allait la guérir. Mais les remèdes étant sans effets, il n’est plus revenu. De jour en jour, l’état de l’abbesse s’aggravait. Les paroles sortaient de ses lèvres comme l’eau d’un tonneau ouvert. Alors, les nonnes ont envoyé chercher l’évêque qui a tenté de la confesser mais en vain. Ce qu’elle disait était incompréhensible. Alors, l’évêque lui a donné l’extrême onction. Et c’est alors que le diable qui guettait cette âme depuis longtemps s’est accroupi au chevet de l’abbesse pour prendre son âme. Personne ne l’a vu, car le diable peut se rendre invisible. Et voyant l’abbesse qui allait mourir, il se léchait les babines avec sa langue noire et pointue. Il se tenait tout ramassé pour mieux bondir quand l’âme sortirait. Pendant ce temps, l’abbesse ne cessait de parler et les nonnes de prier. Soudain, l’abbesse a crié trois fois et elle s’est tue ! Elle était morte et comme son âme sortait, le diable s’est jeté dessus, mais au moment où il allait l’attraper, l’âme a battu des ailes et s’est échappée par la fenêtre. Le diable a grincé des dents et pour ne pas rentrer en enfer les mains vides il a pris la langue de l’abbesse. Il pensait que c’était toujours ça que la terre n’aurait pas et que c’était une bonne chose puisque c’est la langue qui avait surtout péché.

Le diable a quitté le couvent, en laissant traîner sa longue queue. Il a descendu la pelouse qui menait vers l’étang. Le diable allait sauter par-dessus l’étang, lorsque les cloches du couvent se sont mises à sonner et le bruit des prières s’est élevé ! Il a semblé au diable que tous les anges du ciel étaient à sa poursuite. Il a pris son élan pour sauter par-dessus l’étang et comme il s’accrochait aux branches, la langue de l’abbesse est tombée dans l’eau et le diable s’est enfui à toutes jambes.

De cette façon l’âme de l’abbesse a été sauvée, mais sa langue n’a été sauvée qu’à moitié. En punition, elle parle toujours, mais elle ne peut parler seule. La langue ne parle que quand on l’interroge et comme elle est séparée de son âme, elle est inintelligente. Elle répond en fait, en répétant la question qu’on lui pose. Les gens sages disent que c’est l’écho.


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Il n'y a rien de plus s

Re: La Parole
Envoyé par: annie Brault-Théry (Adresse IP journalisée)
Date: jeu. 17 janvier 2013 15:48:16

Eh bien c'est super Fanette et ô combien vrai et pas seulement chez les nonnes.
J'aime beaucoup beaucoup . Ce pauvre Diable a souvent dû perdre ainsi la tête comme le corbeau de la fable , il y a tant d'échos dans le monde . Oui décidément, je suis ravie de cette histoire et je pense qu'elle va plaire à d'autres sur ce forum.

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